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La vitesse 1. Définition
« La vitesse, c’est la capacité de se déplacer avec la plus grande rapidité possible.» Selon Schiffer en 1993, « la vitesse se décompose en 3 éléments : la vitesse de réaction (la capacité de réagir à un signal), la vitesse d’action ou d’exécution (la capacité acyclique d’exécuter à une rapidité maximale un mouvement unique) et la vitesse de fréquence ou de déplacement (la capacité cyclique d’exécuter des mouvements à une rapidité maximale). » Plus couramment en France, on parle de vitesse de course que l’on décompose en 3 phases : 1) La phase de réaction : en football, la moyenne du temps de réaction est de 20/100ème contre 10/100ème pour un sprinter. Il faut savoir que le temps de réaction est plus long pour répondre à un signal visuel qu’à un signal sonore. Un entraînement adapté à la vitesse de réaction peut apporter des gains de l’ordre de 5%. 2) La phase de démarrage ou d’accélération : c’est celle qui nous intéresse le plus en football, en effet il existe surtout des sprints courts. Un entraînement précis permet d’améliorer cette phase de 10%. Pour information, il faut savoir qu’un sprinter de 100 mètres atteint sa vitesse maximale entre 30 et 35 mètres en moyenne. C’est instant correspond à la fin du déséquilibre avant : l’athlète débute son redressement.
2. La vitesse en football : une particularité La
vitesse en football est différente de la vitesse en athlétisme.
Cette nuance peut paraître évidente mais elle n’est
pas appliquée par tout le monde. -
le centre de gravité est plus bas pour permettre au joueur de changer
plus facilement d’appuis et de directions
Distances moyennes en courses à haute intensité sur deux matches de Ligue 2 (efforts > 21km/h et >1’’)
Exemple de vitesse instantanée maximale dans un match de Ligue 2 : On a relevé la vitesse de 35 km / H à la 12 ème minute de la 2 ème mi-temps pour un attaquant
Une question de terminologie ! De
nouveaux termes en relation avec la vitesse sont arrivés dans les
discussions. Beaucoup de monde les utilise sans trop connaître leurs
significations. Nous allons tenter de les présenter :
- L’explosivité : c’est la capacité du joueur à développer un maximum de force dans un temps très court. Le sprint départ arrêté est une forme de travail qui correspond à cette qualité physique. - L’endurance à la vitesse : c’est maintenir le plus longtemps possible la vitesse maximale acquise. Mais le football est très peu concerné par cette qualité. - L’endurance de sprints : c’est la capacité d’effectuer au cours d’un match un nombre maximum de sprints sans que la vitesse de course ne baisse. Elle est très importante en football, on l’évalue souvent lors de la deuxième mi-temps. On la nomme aussi la résistance à la vitesse. Il s’agit de miser sur les paramètres de force donc du muscle, pour durer dans le match. Le préparateur physique oriente l’entraînement vers le travail de musculation, il centre son raisonnement sur le fait d’être performant sur un 10 mètres ; pour cela, son objectif est d’augmenter la performance du joueur sur un 10 mètres sans prendre en compte le nombre de 10 mètres qu’il aura à faire pendant le match. On parle alors de travail qualitatif et non quantitatif.
3. La vitesse au niveau énergétique et musculaire • La filière anaérobie alactique C’est
la filière qui correspond aux efforts courts et intenses que fournit
le footballeur. Elle assure la production d’énergie mécanique
pour la contraction musculaire lors d’efforts maximaux de 7’’
soit environ jusqu’à 50 mètres. Elle utilise la dégradation
de l’ATP et de la créatine phosphate (CP). Malheureusement,
l’ATP est en petite quantité dans le muscle (5mmol/kg), elle
assure la couverture énergétique pour des efforts compris
entre 0 et 4’’. CP
+ ADP
Différentes
études scientifiques ont montré qu’il fallait entre
60 et 90’’ pour réapprovisionner l’ATP (pour
un sprint de 4’’, il faudra récupérer 80’’
d’où la notion de 20 X le temps d’effort). Pourquoi
20 X le temps de l’effort ? Pour restocker l’ATP Cette maîtrise des temps de récupération est très importante surtout la veille et l’avant-veille d’un match car en aucun cas il ne faut « taper » dans les réserves énergétiques, sinon on bascule vers un surentraînement.
La
vitesse sollicite principalement les fibres rapides dites fibres II. Elles
sont à fortes secousses musculaires, d’un gros diamètre,
plus riches en ATP qu’en glycogène mais plus vite fatigables.
Ce pourcentage de fibres rapides chez l’individu varie selon l’hérédité.
L’entraînement permet-il la transformation des fibres lentes
en fibres rapides ? De nombreuses études scientifiques se penchent
sur la question et on constate qu’il est très complexe de
transformer un marathonien en sprinteur !
Répartition des différentes fibres en pourcentage et en fonction de la discipline : étude de M. Newsholme Le footballeur se situe entre le sprinteur et le demi-fondeur. Le poste et le profil du joueur font changer la répartition des fibres lentes et rapides. Néanmoins l’évolution actuelle du football exige d’être de plus en plus rapide : on se rend compte que les meilleurs joueurs de haut niveau sont de plus en plus explosifs et puissants. Il semble que cette nouvelle donnée physique rentre en ligne de compte dans la politique de recrutement.
Le sprint sollicite une grande partie des muscles du corps humain. La foulée s’organise autour de 3 articulations : la hanche, le genou et la cheville. On notera une importance particulière : - des muscles fessiers surtout du grand fessier et des adducteurs, ils ont une grande implication dans les changements de direction - le psoas iliaque, ce muscle fléchisseur de hanche a un rôle très important en phase d’extension pendant le cycle arrière de la foulée - les ischios jambiers et les quadriceps qui en tant que fléchisseurs et extenseurs du genou, participent principalement au cycle avant et à la foulée « genou haut » - les mollets qui jouent un rôle important dans les mouvements dynamiques : on dit d’un bon sprinteur qu’il doit avoir « du pied ». 4. La technique de course La
vitesse est le compromis entre la fréquence
gestuelle (qualités nerveuses) et l’amplitude
(qualité de force). Plusieurs éléments sont obligatoires dans la mise en place d’exercices de vitesse : -
inciter à faire des départs pieds décalés,
pied gauche en avant ou pied droit en avant, comme en match En étudiant les matchs de football de haut niveau, il faut s’attarder sur les joueurs qui vont très vite et se poser certaines questions : -
y a-t-il un déséquilibre avant, oui ou non ? Des
études scientifiques et universitaires ont été réalisées
sur le sprint du footballeur sur 10 mètres grâce à
l’Optojump. Cette machine technologique mesure le temps sur 10 mètres,
les temps de contact au sol, les temps de vols, la longueur des foulées
et la vitesse sur chaque appui. Plusieurs conclusions ressortent de ces
études, mais la pertinence n’est pas encore validée.
En effet, il en résulte qu’au départ il faut demander
aux joueurs de l’amplitude et non de la fréquence. Faut-il
pour autant demander au joueur de changer son profil de foulées
?
5. Les différentes méthodes d’entraînement de la vitesse en football A. La méthode simple : Il s’agit d’aller le plus vite possible sans consigne particulière. Il convient de maîtriser les temps de récupération entre les répétitions et entre les séries pour que la séance soit cohérente sur le plan énergétique. B. La méthode pyramidale : Exemple
: 10m / 20m / 30 m … C. La méthode de développement du temps de réaction : C’est
proposer aux joueurs des exercices de vitesse de réaction avec
des stimulis visuels, en faisant varier la distance et l’angle entre
le joueur et le coach qui adresse le signal (exemple : à 5 m, à
40 m, de face, à gauche, à droite, …). D. La méthode de travail de la vitesse par la force spécifique : Cette
méthode vise à améliorer la vitesse par le biais
de la musculation. En rendant le joueur plus fort et plus puissant, on
souhaite également transférer ses gains de force sur la
course à haute intensité, en recrutant les fibres rapides. E. La méthode de développement de la fréquence : On parle aussi de travail de surfréquence. Donati a été le premier à mettre en avant cette démarche. Il cherche à améliorer la vitesse de chaque geste de la foulée : le travail arrière des ischios jambiers représentés par les talons fesses et le travail avant des quadriceps représenté par les skippings. Il part du principe suivant : si l’athlète fait des mouvement à fréquence élevée, il va s’accoutumer à une vitesse élevée et la transférer plus tard dans la course. Attention, ce travail entraîne une grande fatigue nerveuse, un grand travail d’innervation surtout s’il est fait sur des distances longues. Il s’agit d’une musculation nerveuse spécifique. Les exercices de fréquence sont multiples : -
sprint avec alternance vite/lent/vite/lent, - le travail de survitesse en descente, la pente doit être comprise entre 3 et 5 % maximum. Ceci implique involontairement un travail de fréquence mais attention aux courbatures des quadriceps après la séance, car il y a des sollicitations excentriques.
F. La méthode de développement du démarrage: Cette méthode est très adaptée au footballeur. On exige de lui qu’il explose au démarrage pour faire la différence. Le préparateur physique essaie alors de trouver des exercices spécifiques à dominante concentrique pour l’aider à développer l’explosivité : -
Sprint après un saut de haie de face, de coté,
-
Sprint avec combinaison lestée ou gilet lesté (entre 5 et
8 % du poids du corps)
- Sprint en montée de gradins avec comme consigne de franchir les marches sans ralentir. Cet exercice permettra d’attaquer genou haut et d’insister sur le cycle arrière : le griffé
6. Conclusion La
vitesse est devenue la qualité primordiale du footballeur. Les
centres de formation en ont fait un des critères de détection,
auparavant on préférait les qualités d’endurance
et le traditionnel test « Cooper ». L’entraînement
de la vitesse a lui même évolué, on constate que les
staffs techniques l’intègrent sans cesse dans leur contenu
d’entraînement.
Pour qu’une séance de vitesse soit correctement réalisée il faut enlever le ballon, celui-ci ne doit pas freiner l’expression de la vitesse du joueur.
Ainsi, la vitesse apparaît comme une qualité peu perfectible mais aussi mince soit la marge d’amélioration, aussi précieuse est elle. |
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