1.
Introduction
J’ai préféré intituler ce chapitre la souplesse
alors qu’en football on retrouve plus souvent le mot « étirements
». En effet, le concept de souplesse est plus approprié
car il représente la finalité, alors que les étirements
sont un moyen permettant de devenir plus souple.
Les étirements prennent désormais une place très
importante dans la préparation physique du footballeur. Les joueurs
sont capables de localiser les différents groupes musculaires.
Ils parviennent par l’intermédiaire de ces exercices à
explorer et à prendre conscience de leurs mobilités articulaires.
L’origine des étirements remonte au milieu du siècle
; ils avaient pour objectif de développer l’amplitude articulaire,
puis par la suite, ils se sont vus attribués d’autres intérêts
comme la récupération, la prévention des lésions
musculaires et l’échauffement d’avant match. Malheureusement,
ces derniers aspects relèvent des sensations personnelles des
joueurs mais aucunement de fondements scientifiques. On dit alors qu’il
faut s’en remettre au ressenti et aux habitudes des joueurs. Quand
on leur évoque le mot étirement, il revient souvent la
sensation de bien-être et la meilleure connaissance de leur corps.
Ainsi
on perçoit chez l’individu footballeur professionnel, un
besoin physiologique et psychologique de s’étirer : «les
étirements représentent pour moi un apport indispensable
à mon hygiène sportive, ils m’aident à lutter
contre la raideur musculaire, plus concrètement ils me permettent
d’être plus souple. Je les utilise aussi bien en préparation
de match qu’en récupération en faisant varier l’intensité
et la durée en fonction des mes sensations.»
2.
Les règles à respecter
• Les étirements peuvent faire partie intégrante
de l’échauffement, en effet dans des disciplines avec des
amplitudes extrêmes, il faut préparer le sportif à
aller dans ses amplitudes maximales. Les étirements actifs peuvent
aider à augmenter la température interne du muscle, ils
ont une action en profondeur. A cet effet, il faut savoir qu’un
simple footing augmente de 1,5° la température des quadriceps
et diminue de 0,5° la température des ischios-jambiers.
•
Les étirements sont réalisés du général
vers le spécifique. Plus on se rapproche du match, plus on sollicite
et on étire les muscles spécifiques du footballeur.
•
Les étirements actifs sont réalisés debout.
•
Les étirements passifs et les postures sont réalisés
en position assise ou couchée.
•
Un étirement est caractérisé par un point fixe
et par un point mobile, le bassin est à l’origine du mouvement.
Il est demandé au joueur de maîtriser le passage d’une
antéversion à une rétroversion du bassin (exercice
à faire couché sur le dos pour ressentir le mouvement).
•
Le joueur doit faire varier l’angle de l’étirement
(position neutre, rotation interne et rotation externe) car certaines
fibres musculaires ont une trajectoire en diagonale ou en spirale. Cette
variante permet d’échauffer les aponévroses musculaires.
•
Il faut étirer successivement les muscles agonistes et antagonistes
(exemple : quadriceps puis ischios-jambiers) : les étirements
sont symétriques.
•
Les étirements demandent de la concentration pour trouver l’amplitude
optimale. On demande au joueur de « ressentir ses muscles ».
•
Les étirements, visant à accélérer la récupération,
doivent réaliser dans le calme pour obtenir un relâchement
maximal.
•
Les étirements sont réalisés de façon progressive
sans temps de ressort sinon le joueur envoie une contraction réflexe
de défense pouvant être dangereuse.
•
On étire une chaîne musculaire et non un muscle isolé.
•
On choisit la technique d’étirement la mieux adapté
en fonction des objectifs fixés et en fonction de la période. 
3.
Les différentes techniques d’étirements
A. Les étirements actifs
Ils
permettent de préparer le muscle à l’effort, d’augmenter
la température interne, d’augmenter le flux sanguin et
de rentrer très vite dans l’acticité spécifique
par le biais d’exercices dynamiques.
Chronologiquement, on observe 3 phases : tout d’abord la mise
en position d’étirement non maximal du muscle, puis la
contraction statique de 6 secondes et enfin, l’enchaînement
d’exercices dynamiques d’appuis et de vivacité.
Ces étirements actifs sont réalisés debout, au
milieu de l’échauffement d’avant match entre la partie
cardiovasculaire et les sprints de fin d’échauffement.
On demande aux joueurs de réaliser 2 séries par groupe
musculaire.
B.
La méthode « contracté-relâché-étiré
»
Cette
méthode permet de maintenir le muscle sous tension, de lutter
contre la raideur et de gagner en amplitude articulaire.
On note 3 phases : la mise en position d’un étirement non
maximal opposé à une résistance pour une contraction
statique de 15 secondes puis un relâchement et enfin un étirement
passif de 20 secondes.
Ces étirements sont réalisés debout, assis ou couché
entre les différents exercices de l’entraînement,
ils ne doivent pas dépassés 20 minutes de temps total,
ils sont répétés au maximum 4 fois par groupe musculaire.
C.
Les étirements passifs
Ils
permettent de récupérer de la charge de travail, de lutter
contre les courbatures, d’accélérer le retour veineux
et de rééquilibrer les différentes tensions intermusculaires.
On remarque également qu’ils servent à retrouver
le potentiel d’amplitude initial, de se relaxer psychologiquement
et de maintenir le niveau de souplesse acquis auparavant.
Les étirements passifs doivent être réalisés
dans une position confortable en harmonie avec une respiration profonde.
Ils durent en général entre 25 et 30 secondes, le joueur
applique une descente progressive vers l’amplitude finale et ceci
sans temps de ressort. On les utilise en fin de séance dans une
salle spécifique ou sur le terrain, de préférence
assis ou couché. Leur temps total ne dépasse jamais 20
minutes à raison de 3 fois par groupe musculaire.
D.
Les postures
Elles
permettent d’évacuer le stress, d’assurer un bien-être
corporel et de diminuer les tensions éventuelles.
Elles sont réalisées debout ou assis, jambes légèrement
écartées. On incline le tronc vers l’avant pour
utiliser l’apesanteur et on veille à ce que la descente
soit progressive sans à-coups.
Le diaphragme joue un rôle prépondérant, il est
à l’origine de la respiration profonde qui accompagne la
posture. Le joueur utilise cette méthode le plus souvent en dehors
des séances collectives parce qu’il se trouve en perte
de confiance ou dans un environnement conflictuel. La séance
dure au maximum 30 minutes, sachant qu’une posture dure en moyenne
1 minute.
4. Les Objectifs
Quand
on interroge les joueurs, les staffs techniques et les staffs médicaux
sur le rôle des étirements, on constate qu’il en
existe beaucoup et on comprend mieux pourquoi les étirements
prennent autant de places dans le quotidien du joueur de football. Malheureusement,
les justifications scientifiques sont faibles. D’ailleurs les
chercheurs ont tendance à minimiser le rôle des étirements
dans le suivi du footballeur. Alors qu’est ce qui est le plus
important les sensations du joueurs ou les preuves scientifiques ?
Néanmoins, on juge important de lister les différents
objectifs cités par le joueur lui-même :

-
Combattre la raideur et entretenir la souplesse
- Augmenter les amplitudes articulaires et musculaires
- Améliorer la performance motrice
- Se préparer efficacement avant un match ou un entraînement
- Obtenir une meilleure coordination intra musculaire
- Accélérer l’élimination des courbatures
- Favoriser un meilleur retour veineux
- Prévenir des accidents musculaires et tendineux
- Participer à la cicatrisation musculaire après une lésion
- Retrouver la longueur initiale après les contraintes excentriques
et concentriques d’une séance de renforcement musculaire
par exemple
- Obtenir une grande amplitude gestuelle pour exprimer la technique
- Augmenter la finesse et la précision dans les gestes techniques
- Avoir une sensation de bien être
- Apprendre à connaître encore mieux son corps
- Vivre en parfaite harmonie avec son corps
- Evacuer le stress
- Libérer des points de tension
Référence
: « Echauffements et étirements musculaires du footballeur
» Edition Amphora |