Le
travail aérobie
«Pour
s’exprimer techniquement, le joueur de football doit être
en pleine possession de ses moyens physiques et athlétiques »
1.
Définition
Le
système aérobie utilise en présence de l’oxygène
: le glycogène musculaire et hépatique et les lipides c'est-à-dire
les graisses.
Glycogène
+ lipides + oxygène ATP (36 mmol par molécule de glycogène)
+
Eau
+ Dioxyde de carbone
+ Chaleur
+ Énergie mécanique
Ce
« système ou filière » aérobie représente
la principale source d’énergie des efforts prolongés
mais exige une bonne ventilation, un bon débit sanguin / cardiaque
/ périphérique et un transport efficace de l’oxygène
(c’est le rôle de l’hémoglobine dans les globules
rouges).
Ce
système peut être limité de deux façons :
- la composante centrale : ou le transport de l’oxygène
des poumons vers les muscles
- la composante périphérique : ou l’utilisation
locale des muscles (plus il y a des capillaires sanguins, plus il y a
de rendement)
Les statistiques numériques sur les efforts d’un match de
haut niveau nous montre que les efforts aérobies sont très
importants. Il est donc nécessaire voir indispensable d’avoir
un fort potentiel aérobie et un grand pourcentage de fibres lentes.
Pourquoi
?
•
On définit cette qualité aérobie comme la capacité
du joueur à répéter les efforts dans le temps. Plus
la fin de match approche, plus la fatigue se fait sentir du fait d’une
baisse des réserves énergétiques et plus les joueurs
au fort potentiel aérobie sont performants !
•
Ce potentiel aérobie permet de retarder au maximum le passage et
le recours à la filière anaérobie lactique donc l’engorgement
de l’acide lactique
•
Par ailleurs, le système aérobie sera d’autant plus
efficace lors des phases de récupération active, qu’il
permet de métaboliser le lactate et qui est le principal mécanisme
de son élimination (rôle du recrutement des fibres lentes
du muscle squelettique pour oxyder l’acide lactique)
2.
La « capacité aérobie » et « la puissance
aérobie »
Ces
deux concepts sont apparus ces dernières années. Auparavant,
on utilisait les notions d’endurance fondamentale, d’endurance
capacité et d’endurance puissance. A vrai dire, il s’agit
juste d’une différence de terminologie.
Il faut savoir qu’une filière énergétique est
toujours composé d’une capacité et d’une puissance.
Le schéma de Garrigues illustre à merveille ces deux éléments.
La capacité est symbolisée par le lavabo alors que la puissance
est symbolisée par le tuyau.
Exemple
de la filière aérobie :
Le lavabo est grand donc la capacité du système à
durer dans le temps est grande (3 minutes à plusieurs heures)
Le tuyau de transmission est étroit donc
la puissance est faible ce qui montre que le système ne permet
que des efforts de faible intensité.

Les
exercices de « capacité aérobie »
Pourquoi
?
- pour préparer le terrain physiologique
- pour développer la taille du moteur
- pour poser les bases de la pyramide
- pour durer dans la saison (plus les bases seront solides, plus on va
durer dans le temps)
- pour brûler les graisses et pour retrouver un poids de forme optimale
- pour retrouver une aisance respiratoire
- pour augmenter la densité des capillaires qui irriguent les fibres
musculaires
Comment
?
- en course continue
- entre 150 et 170 battements par minute
- entre 70<->85 % de la vma
Quand?
- A l’intersaison
- Pendant la période de base de la préparation d’avant
saison
- Lors des séances post-match de récupération

Séance
capacité aérobie à 70 % de vma en période
de préparation pour un joueur professionnel
(FC moyenne : 156 battements par minute)
Les exercices de « puissance aérobie »
Les
scientifiques constatent que ces exercices de puissance aérobie
sont bénéfiques si auparavant on a bien préparé
le terrain physiologique avec de la capacité aérobie.
Ces exercices de puissance sont des exercices par intervalles plus communément
appelés « exercices intermittents » pour développer
la puissance maximale aérobie (PMA).
Ils sont le reflet du match avec des variations d’intensités
entre temps forts et temps faibles.
Physiologiquement, ils ont pour conséquences la baisse du taux
de glycogène, la baisse des réserves d’oxygène
par la myoglobine et la faible production d’acide lactique.
Pourquoi
?
- pour développer la vma de façon spécifique et efficace
Comment
?
- en faisant varier le profil des temps d’efforts
5/15 5/25 10/10 10/15 10/20 15/15 15/30 30/30 45/15 ………….
-
en faisant varier le % de vma (90 % à 125 %)
- en faisant varier le volume (durée et nombre de bloc)
- en faisant varier les temps de récupération et la nature
de la récupération (passive, active…)
Quand?
- Pendant la période spécifique de la préparation
d’avant saison
- Pendant la période de compétition
Le
développement de la puissance aérobie peut être limitée
de deux façons :
- à cause des limites cardiovasculaires et de transport de l’oxygène
- à cause des limitations musculaires périphériques
(fatigue locale des muscles)

Séance
puissance aérobie à 100 % vma en période de compétition
pour un joueur professionnel qui a 18 KM/H de vma
FC moyenne : 176 battements par minute pour le 30/30
FC moyenne : 184 battements par minute pour le 15/15
3.
La notion de seuil

Exemple
d’une échelle des vitesses et des seuils pour un joueur professionnel
Seuil
1 : Seuil aérobie, c’est le seuil de l’intensité
au dessous duquel l’exercice est exclusivement aérobie. On
le situe en moyenne :
-
entre 55% <-> 65 % de la vma à environ 11.5 km/h
- environ 2 mmol d’acide lactique
- entre 145 <-> 155 battements par minute
En
dessous de ce seuil, il n’y a aucune influence sur l’augmentation
des capacités aérobies. Ces séances sous le seuil
peuvent être des séances de récupération.
Seuil 2 : Seuil anaérobie lactique, c’est
le seuil de l’intensité d’effort au dessus duquel il
y a augmentation du lactate sanguin (seuil d’accumulation des lactates
sanguins)
On le situe en moyenne :
-
entre 70 % <-> 85 % de la vma à environ 14 km/h
- environ 4 mmol d’acide lactique
- entre 160 <-> 180 battements par minute
Le travail de capacité aérobie s’effectue entre ces
deux seuils.
L’objectif est d’augmenter la vma et de décaler la
courbe vers la droite donc de repousser au maximum l’apparition
du seuil lactique. Pour cela, il faut mettre en place des séances
lactiques dites « séances au seuil » pour s’accoutumer
au lactate : être capable de tamponner le lactate et de le recycler.
VMA
: C’est la vitesse maximale aérobie. Elle varie
selon le potentiel aérobie de chaque joueur.
Elle se situe :
- à 100 % des capacités maximales
- entre 8 et 10 mmol d’acide lactique
- à fréquence maximale (on note une différence entre
la FC maximale théorique : 220-age et la FC maximale de terrain
car plusieurs éléments interviennent comme la température
corporelle, la température ambiante, les hormones, le volume sanguin
circulant, l’age, la digestion, la fatigue, l’état
de motivation, l’état de forme actuelle…)
4. L’évaluation du potentiel aérobie :
La notion de VO2 MAX et de VMA
Il
est très important d’évaluer le potentiel aérobie
des joueurs de football pour individualiser les séances futures,
pour placer le joueur à un poste qui corresponde à ses qualités
physiques, pour mesurer la marge de progression et pour mesurer la cohérence
des contenus d’entraînement.
Le
VO2 MAX correspond au volume maximal d’oxygène consommé.
Il s’exprime en L/min ou en ml/min/kg.
Exemple
: un sujet sédentaire a en moyenne une vo2 max de 45 ml/min/kg
Un joueur pro a en moyenne une vo2 max de 60-65 ml/min/kg
Cette
vo2 max augmente jusqu’à 20 ans, puis stagne entre 20 et
30 ans, avant de diminuer pour atteindre 70 % du vo2 initial à
l’age de 60 ans.
La VMA correspond à la vitesse maximale aérobie. Elle s’exprime
en km/h. En effet, au vo2 max correspond une vitesse finale appelée
la vma. Elle mesure l’aptitude du cœur à envoyer le
sang avec une forte puissance, l’aptitude du sang à véhiculer
de l’oxygène et enfin l’aptitude des muscles à
extraire le plus d’oxygène possible.
Dans
le football, on préfère utiliser le VMA que le VO2 max.
On la mesure grâce à un test indirect de terrain. Il existe
différents tests, tous aussi valides les uns que les autres. (VAMEVAL,
TEST DE BRUE, TEST LUC LEGER NAVETTE, CAT TEST, 45/15…)
En comparant les tests de terrain et les tests de laboratoire, on remarque
que l’on peut avoir un gros vo2 max mais être incapable d’utiliser
un grand % de celui-ci car le coût énergétique et
l’économie de course interviennent)

Test
vma : test de Brue pour un joueur professionnel
Vma : 18 km / h
FC maximale : 198
FC récupération 1 minute : 165
5. La fréquence cardiaque :
Comme
moyen de contrôle
L’utilisation
des variations de la fréquence cardiaque semble être la méthode
la plus intéressante pour l’entraîneur. Si nous considérons
cette donnée comme individuelle, on se doit de la contrôler
très souvent pour vérifier les effets de l’entraînement
et les adaptations physiologiques de l’organisme. Que l’on
dispose de cardiofréquencemètres ou non, on peut à
tous moments la mesurer. Voici les différents indicateurs :
-
la FC maximale
- la FC moyenne
- la FC de repos
- la FC de récupération 1 minute / 2 minutes / 3 minutes…
- la dérive cardiaque d’effort
- la dérive cardiaque de récupération
Comme
outil de travail pour définir l’intensité de l’entraînement
: appelée FC cible
Il
s’agit alors de définir cette FC cible de travail. Il existe
plusieurs méthodes.
Méthode
classique : la FC cible est calculée à partir de
la FC maximale.
Exemple : FC max : 200
FC cible à 70 % = 140 pulsations
La FC cible retenue pour l’entraînement serait 140 battements
par minute.
Méthode
de la FC liée à la vitesse de test : Lors du test
vma où le joueur a validé 19 km/h, on trace sur la courbe
la droite à 70 % c'est-à-dire à 13.3 km/h. On tombe
sur le graphique à une FC de 156 pulsations.
La FC cible retenue pour l’entraînement serait 156 battements
par minute.
Méthode
de la FC de réserve selon M. KARVONEN:
FC réserve = FC maximale – FC repos = 200 – 60 = 140
FC cible = % FC réserve + FC repos = (70 % * 140) + 60 = 158
La FC cible retenue pour l’entraînement serait 158 battements
par minute.
On constate une différence importante entre les 3 méthodes,
ce qui peut avoir des conséquences physiologiques très ambiguës.
La troisième méthode de karvonen semble la plus utilisée
dans le domaine de la préparation physique, même si certains
scientifiques estiment que cette notion n’est valable que jusqu’à
85-90 % du vo2 max car au delà la FC n’évolue plus
de façon linéaire : on assiste à un plafonnement
de celle-ci.
6. Les tableaux individuels en fonction
de la VMA
Temps
de passage pour la capacité aérobie
Attention les temps sont arrondis à la seconde inférieure
VMA |
65
% |
70
% |
75
% |
80
% |
15
km/h |
36’’ |
34’’ |
32’’ |
30’’ |
16
km/h |
34’’ |
32’’ |
30’’ |
28’’ |
17
km/h |
32’’ |
30’’ |
28’’ |
26’’ |
18
km/h |
30
’’ |
28’’ |
26’’ |
24’’ |
Temps
de passage au 100 Mètres en fonction de la VMA
VMA |
65
% |
70
% |
75
% |
80
% |
15
km/h |
1’13’’ |
1’08’’ |
1’04’’ |
1’ |
16
km/h |
1’09’’ |
1’04’’ |
1’ |
56’’ |
17
km/h |
1’
05’’ |
1’ |
56’’ |
52’’ |
18
km/h |
1’01’’ |
57’’ |
53’’ |
50’’ |
Temps de passage au 200 Mètres en fonction de la VMA
VMA |
65
% |
70
% |
75
% |
80
% |
15
km/h |
2’27’’ |
2’17’’ |
2’08’’ |
2’ |
16
km/h |
2’18’’ |
2’08’’ |
2’ |
1’52’’ |
17
km/h |
2’10’’ |
2’01’’ |
1’52’’ |
1’45’’ |
18
km/h |
2’03’’ |
1’54’’ |
1’46’’ |
1’39’’ |
Temps de passage au 400 Mètres en fonction de la VMA
VMA |
65
% |
70
% |
75
% |
80
% |
15
km/h |
7’23’’ |
6’51’’ |
6’24’’ |
6’ |
16
km/h |
6’55’’ |
6’25’’ |
6’ |
5’37’’ |
17
km/h |
6’30’’ |
6’03’’ |
5’38’’ |
5’17’’ |
18
km/h |
6’09’’ |
5’42’’ |
5’19’’ |
5’ |
Temps de passage au 1200 Mètres en fonction de la VMA
Distances
pour la puissance aérobie
Attention
les distances sont arrondies à la dizaine de centimètres
supérieure
VMA |
100
% |
110
% |
120
% |
15
km/h |
41.70
M |
45.80
M |
50
M |
16
km/h |
44.40
M |
48.90
M |
53.30
M |
17
km/h |
47.20
M |
52
M |
56.60
M |
18
km/h |
50
M |
55.10
M |
60
M |
Distances
à parcourir sur 10’’ en fonction de la VMA
VMA |
100
% |
110
% |
120
% |
15
km/h |
62.50
M |
68.80
M |
75
M |
16
km/h |
66.70
M |
73.30
M |
80
M |
17
km/h |
70.90
M |
77.90
M |
85
M |
18
km/h |
75
M |
82.60
M |
90
M |
Distances à parcourir sur 15’’ en fonction de la VMA
VMA |
100
% |
110
% |
120
% |
15
km/h |
125
M |
137.60
M |
150
M |
16
km/h |
133.40
M |
146.60
M |
160
M |
17
km/h |
141.80
M |
155.80
M |
170
M |
18
km/h |
150
M |
165.20
M |
180
M |
Distances à parcourir sur 30’’ en fonction de la VMA |